Zeiss 18 mm Distagon vs Nikon 17-35 AFS

Zeiss 18 mm Distagon vs Nikon 17-35 AFS


Le 17-35, mon objectif idéal, mais aujourd’hui un peu à la peine…

Le 17-35 Nikon 2,8 AFS est le grand-angle que j’utilise le plus souvent sur le terrain. Cet objectif est de conception plus ancienne que les deux précédents, mais il est toujours vendu neuf au catalogue Nikon, n’étant pas remplacé dans la gamme 2,8. Il bénéficie depuis sa sortie d’une très bonne réputation, et je trouve en effet que les images produites sont très fines, très définies au centre. Je les trouve même plus fines (subjectivement), plus riches en micro contraste et micro détails dans la zone centrale que celles produites par des optiques plus récentes comme le 14-24 et 16-35 AFS. De plus l’homogénéité est très bonne sur toute la plage de focales. En bon objectif pro, il ne présente pas de faiblesse à 17 mm ou à 35 mm, comme le 16-35 (voir plus loin). La qualité de visée à f 2,8 en conditions crépusculaires est aussi nettement meilleure que celle du 16-35 f4, et vu leur poids comparable, je n’hésite pas à recommander un 17-35 d’occasion en bon état contre un 16-35 neuf, à peu près au même prix, mais avec un avantage au 17-35  (dans les 800 euros). Pour un test du 17-35 qui confirme mes impressions (en particulier la netteté au centre supérieure à celle du 14-24), vous pouvez consulter (en anglais), le test de Photozone (un site de test de terrain – peu de briques… – que j’apprécie beaucoup).

Le 17-35 Nikon AFS accepte la monture pour filtres dégradés Lee Filters de 100 mm, ce qui en rend l’usage très pratique comparé au 14-24 mm AFS (voir plus loin), sans vignettage avec 1 ou 2 filtres. Cependant, si l’objectif doit être utilisé avec un polarisant, il faut trouver une solution « bricolée », car l’angle de champ extrême ne permet pas de monter le polarisant Lee filters de 105 mm qui se place en avant des dégradés, sur son cercle vissant très fin (représenté sur la photo ci-dessous). Le vignettage, même avec un seul filtre dégradé (1 slot) apparaît dès 19-20 mm. J’ai trouvé une solution, qui marche d’ailleurs aussi avec le 16-35 AFS (même paresoleil), que je vous présenterai dans un prochain article. Il suffit de couper et de limer le paresoleil, qui servira de monture à une monture 100 mm Lee filters à cerclage, le polarisant de 77 mm classique (ultra slim) étant tout simplement vissé sur le filetage de l’objectif.

Ici le Zeiss 18 mm avec une monture Lee filters 100 mm, dégradé et polarisant (qui monté classiquement en avant génère du vignettage, comme sur le 17-35 AFS)
Ici le Zeiss 18 mm avec une monture Lee filters 100 mm, dégradé et polarisant (qui monté classiquement en avant génère du vignettage, comme sur le 17-35 AFS)
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4 objectifs pour le D800: Zeiss 18 mm, Nikon 17-35 AFS, 24-70 AFS, 14-24 AFS
4 objectifs pour le D800: Zeiss 18 mm, Nikon 17-35 AFS, 24-70 AFS, 14-24 AFS
 

On peut avoir l’impression que la quête du Graal photographique (technique), s’il existe, est définitivement toujours repoussée… et elle l’est assurément.
Sitôt a-t-on en main un appareil à la résolution record (et c’est le cas des Nikon D800 et D800 E à n’en pas douter), on constate que celui-ci révèle des défauts dont nous ne soupçonnions pas l’existence sur nos fidèles compagnons de route, j’ai nommé les objectifs moyen et grand-angle de la marque jaune. Seuls des objectifs de plus longue focale comme le récent 70-200/2,8 VR paraissent toujours aussi bons à 100 %. Mais d’après mes récentes expériences, des objectifs pro à la conduite autrefois aussi irréprochable que le 24/70 2,8 AFS et le 17/35 2,8 AFS se retrouvent maintenant sous étroite surveillance. Le coupable ? le D800/E ou plutôt son capteur hyperdéfini, aux photosites de 5 microns.

Rien de bien effrayant en soi, mais pour celui qui vise les agrandissements géants que le D800 ou D800E permet théoriquement il y a quelques soucis à se faire. Et les soucis concernent plus particulièrement la photographie en grand-angle (mettons en-dessous de 28 mm). En effet, le grand angle, de par l’extrême amplitude du champ reproduit, et la nécessité d’utiliser des diaphragmes assez fermés pour une grande profondeur de champ, additionne les handicaps avec un capteur comme celui du D800 (qualité optique limite plus effets de la diffraction dès f11 et au-delà).

Je suis en quelque sorte un fan de courtes focales (même si dans ma pratique le 24-70 reste l’objectif le plus utilisé), pour les compositions spectaculaires  que cette catégorie d’objectifs permet. Le « truc » de composition en grand-angle, si truc il y a, est d’intégrer des éléments très proches, soigneusement choisis, et de suggérer par la perspective produite un effet de profondeur dans l’image, qui renforce encore la sensation d’espace déjà produite par le grand champ qu’une courte focale permet de cadrer.

De ces courtes ou très courtes focales j’ai testé un bon nombre, j’en ai gardé plusieurs, j’en ai renvoyé ou revendu aussi quelques-unes. Actuellement j’ai « en boutique », du côté des optiques Nikon,  un 14-24 2,8 AFS, un 17-35 2,8 AFS, un 24-70 2,8 AFS Nikon , et un 24 mm PCE à décentrement (voir photo). J’ai utilisé aussi dans les années passées un 18-35 Sigma (de triste mémoire, flare et point chaud), un Nikon 18-35 AF (f3,5 – 4,5), honnête mais sans plus, et un 16-35 AFS VR f4.  J’ai rajouté à cet ensemble, depuis peu, et depuis l’arrivée du D800 E ,un Zeiss ZF2 18 mm en monture Nikon, un objectif fixe manuel d’excellente réputation.

Il était alors tentant de dépasser les impressions subjectives quant aux performances perçues de tel ou tel grand-angle avec le D800 E et de profiter de la prise en main du Zeiss 18 mm, pour un test comparatif de terrain qui comparera successivement le 17-35 AFS et le Zeiss, puis le Zeiss et le 14-24 AFS.

Dans un article relié je compare aussi le zoom 24-70 AFS à sa plus courte focale (24 mm) avec un autre fixe, Nikon cette fois, le très bon 24 mm PCE à décentrement.

 

 

Présentation du Kiboko

Ce sac à dos revendique la palme de la légèreté (1,8 kg à vide sans compartiments) dans sa catégorie , celle des sacs à dos photo de grande capacité (30 L et plus). Une catégorie légitimement en vogue auprès des photographes qui voyagent beaucoup et veulent emmener plusieurs boitiers et optiques avec eux, depuis les grands angles jusqu’au 500 mm (monté) ou 600 mm (non monté).

Kiboko sac a dos photo

Le Kiboko bien entouré, D700 et 70-200 VR à g, 500 mm VR à dr.

Il est conçu par un photographe pro américain (et donc utilisateur averti), Andy Biggs, très souvent en voyage à l’étranger et en Afrique. Ce sac se conforme aux règlementations aériennes actuelles pour les dimensions généralement acceptées en cabine (55 x 35 x 25 cm) Si l’on prend soin de ne pas augmenter ses dimensions extérieures (en remplissant à fond les poches externes par ex.) il n’attire pas l’attention lors de l’embarquement. Ce qui vaut mieux car une fois rempli le sac dépasse allègrement les poids autorisés…
Lors de mon dernier (et premier) voyage avec le Kiboko je dépassais les 15 kg.. (pour 10 kg autorisés). Il reste également très discret avec un logo peu voyant et ne se signale pas particulièrement aux regards trop intéressés par un sac photo, ce qui est appréciable. Quelle que soit la conformité du sac photo, il reste conseillé, lorsque vous voyagez en  avion, de porter une veste photo avec de larges poches, afin de prendre plusieurs boitiers sur vous en cas de problème de poids…

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Le lac Kerkini est devenu célèbre auprès des ornithologues et des photographes par ses Pélicans, frisés et blancs, et par son décor de montagnes enneigées en hiver (mont Kerkini en arrière-plan). Ces dernières années plusieurs images réalisées en cet endroit ont été primées au célèbre concours Wildlife Photographer of the Year (Jari Peltomäki (Espèces en danger), Bence Mate).

Pélicans frisés (Pelecanus crispus) sur le lac Kerkini, Grèce.

Pélicans frisés (Pelecanus crispus) sur le lac Kerkini, Grèce.

L’histoire du pélican frisé (Dalmatian Pelican, Pelecanus crispus), une espèce globalement menacée Continuer la lecture

Les Iles Shetland (Ecosse)  – Pérégrinations photographiques 1

Cet article est le premier d’une série d’articles sur l’archipel des Shetland, magnifique groupe de plus d’une centaine d’îles au nord  de l’Ecosse, à peu de distance des Féroé et de la Norvège. Historiquement les Shetland ont été d’ailleurs plus proches de la sphère scandinave que des sphères d’influence gaélique ou anglo-saxonne.

Si vous me suivez dans ces pérégrinations photographiques, n’oubliez pas que la beauté et la naturalité de ces îles exceptionnelles, patrimoine européen et mondial de première importance (oiseaux et paysages) sont actuellement menacées par des projets d’énergie « renouvelables » disproportionnés.
Plus d’information dans cet autre article: Faut-il donc industrialiser les derniers espaces naturels d’Europe ?

Géographie des Iles Shetland, au nord de l’Ecosse

carte shetland Des îles à en perdre le nordLa carte ci-contre montre la structure de l’archipel, allongé dans le sens nord sud sur environ 110 km (sans compter Fair Isle) et dans le sens est-ouest sur environ 60 km dans sa plus grande largeur (sans Foula). Les côtes très découpées par des fjords (appelés ici voes) et la montée des mers après la dernière glaciation créent environ 1500 km de côtes pour une surface de 1400 km². On n’est jamais à plus de 5 km de la mer aux Shetland.
Le nombre d’îles dignes de ce nom s’élève à près d’une centaine: la garantie d’explorations toujours renouvelées, la plupart des grandes îles ayant chacune leur personnalité bien distincte. Outre Mainland, elle même subdivisée en régions distinctes par des isthmes, les principales îles sont (du sud au nord): Fair Isle, à mi-chemin des Orcades, Foula, Bressay, Noss, Papa Stour, Whalsay, Out skerries, Yell, Fetlar, Unst. Toutes (sauf Noss), sont desservies par des services fréquents ou réguliers (Fair Isle, Foula, piétons seulement) de ferries efficaces et sûrs. Des liaisons aériennes existent également à destination de Foula et Fair Isle.
On peut se rendre aux Shetland par ferry depuis Aberdeen ou par avion (atterrissage à Sumburgh airport, l’un des plus modernes d’Ecosse)

Mainland

L’île principale est Mainland, qui abrite la capitale, Lerwick (8000 hab., sur les 20 000 à peine que compte l’archipel). Capitale récente, puisque sa prééminence sur Scalloway, ancienne capitale à quelques lieues à l’ouest ne date que du XVIIème siècle. Par air, l’arrivée aux Shetland se fait par Sumburgh airport, tout au sud; par ferry, on débarque dans la baie très abritée de Lerwick, la meilleure du pays (protégée par l’île de Bressay juste en face).

Le Pays de l’Epée

Un ancien nom du pays, Hjaltland, ferait référence au « pays de l’épée ». Allusion aux moeurs des Vikings qui prirent possession des Shetland vers le IXe siècle ou à la forme allongée, avec garde ou pommeau au niveau de Mainland ouest et Bressay, de l’île dans son ensemble ? Sans doute un peu les deux.

Le gouvernement écossais veut développer à tout prix l’énergie éolienne. Mais ses projets à grande échelle soulèvent d’importants problèmes écologiques, plus grands que ceux qu’ils veulent résoudre.

Ainsi, les îles Shetland devraient recevoir la plus grande ferme éolienne terrestre d’Europe, un projet colossal qui sera visible de partout dans ces iles, détruisant leur beauté unique, et entrainera un bilan carbone défavorable sur près de 20 ans (extraction de la tourbe, qui stocke le CO2). De plus, des espèces d’oiseaux en déclin comme le Plongeon catmarin et le Courlis corlieu seront sévèrement touchées par la perte d’habitat et surtout les collisions en vol, comme le prévoient les études menées par la RSPB (Royal Society for the Protection of Birds).

Les falaises d'Eshaness, Shetland, droits réservés

Les falaises d’Eshaness, Shetland © Patrick Dieudonne Photo

Ce projet, qui a déjà endetté considérablement le gouvernement local des Shetland Continuer la lecture

Je voulais visiter les Dolomites depuis longtemps. Août, c’est connu, n’est pas la meilleure période de l’année pour une visite photo; la lumière était en effet dure très tôt dans la matinée et les couchers de soleil étaient souvent obscurcis par des nuages ​​bas. Le contraste sur les monts de calcaire blanc était parfois difficile à gérer. Il s’agissait donc plutôt d’une visite de repérage et d’agrément, mais le potentiel pour de superbes photos est immense. Il me faudra revenir en mi-saison pour obtenir de meilleures conditions.

Malgré tout,  j’ai pu réaliser quelques photos assez satisfaisantes. Celle-ci  est réalisée avec une chambre 4×5 Ebony SW45 et un objectif 180 mm Schneider, sur Fuji Velvia (format 6×12 cm rollfilm), et représente le lac Carezza, un petit lac vert émeraude au pied des pics du Latemar. En haute saison, il faut arriver tôt pour éviter les hordes de touristes qui se rassemblent ici à partir de 9h. C’est aussi nécessaire car le contraste est élevé et difficile à gérer plus tard.

Lac de Carezza, Dolomites

Lac de Carezza, Dolomites, Italie

Voici quelques photos supplémentaires. Je n’ai photographié qu’en argentique durant ce voyage, je souhaitais me replonger dans cette pratique et me confronter aux difficultés techniques de la mesure de lumière sans cellule interne (chambre 4×5 et Mamiya 7II). J’utilise un spotmètre Pentax (digital), très efficace et fiable. Les images obtenues sont scannées sur un Hasselblad Flextight X5.
Les images 6×7 dépassent en définition les résultats d’un 24×36 plein format numérique, les 4×5 inches ou les 6×12 cm jouent tout à fait dans une autre division ! Je suis devenu un grand fan des optiques Schneider, au contraste modéré et au piqué étonnant… J’ai utilisé un 5.6/65 Super-Angulon Linhof (exceptionnel),  un 5.6/75 Super-Angulon, un 8/90 Super-Angulon, un Super-Symmar 110 XL,  et un 5.6/180 Apo-Symmar, sur une chambre Ebony SW45 (ébène et titane), très légère mais rigide.

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