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Talisker Bay, Skye
Il m’a fallu attendre - pas très longtemps ! - un temps pluvieux à souhait et un ciel suffisamment chargé pour réaliser cette photo, car le vent incessant séchait immédiatement les énormes galets de cette plage isolée, et les faisait passer d’un noir profond, qui m’avait attiré, à un gris moins attractif. Le vert des algues apporte la touche de couleur et de vie nécessaire dans cette composition verticale et minérale par ailleurs assez monochrome.
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Loch Cill Chriosd, Skye
L’étagement des matières et des couleurs appelait le format vertical panoramique, peu classique mais efficace. Du végétal au dôme minéral du Beinn na Caillich, un grand nombre de milieux naturels contrastés mais complémentaires sont représentés sur une seule photo, illustrant le lien vital qui les réunit.
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Harris, Hébrides extérieures
Permanence et mouvement, ainsi que le rendu et le contraste des matières et des couleurs, m’ont attiré vers ce rocher échoué comme un cétacé sur une plage.
J’ai bénéficié d’une lumière d’aube d’une pureté exceptionnelle, faisant ressortir de manière presque incroyable les teintes turquoises de l’Océan.
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The Drongs, Shetland
Les Drongs sont un récif quelque peu mythique, planté au beau milieu d’une vaste et magnifique baie, la baie de Braewick. De quelque côté qu’on les observe, les Drongs offrent un profil changeant de château moyenâgeux, qui justifie une aura de légendes… Après maintes visites infructueuses, la lumière rougeoyante du soleil couchant est venue enfin révéler la dimension dramatique du lieu.
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Stacks of Skroo, Fair Isle, Shetland
Fair Isle est l’un des avant-postes des Shetland, dont elle garde le sud. L’observatoire ornithologique de Fair Isle est l’un des plus importants au monde, produisant l’essentiel des premières mentions britanniques. Fair Isle, la « bonne » île, est terre de contrastes, à la fois accueillante et inquiétante, comme le révèle cette photo de sa côte nord ouest dans la brume. Une côte coupante comme un rasoir, et responsable de maints naufrages au cours des siècles…
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Falaises d’Eshaness, Shetland
Les falaises basaltiques d’Eshaness, surmontées de leur phare, à l’ouest des Shetland, démontrent toute l’opiniâtreté du roc et toute la puissance de l’océan atlantique à la fois. L’éternel affrontement du minéral et de l’élément liquide est ici incroyablement démonstratif. Sur plusieurs km, la côte est comme dynamitée de toutes parts, creusée de brèches souterraines et d’évents dangereux où bouillonne la mer captive. Aux avant-postes, des récifs ou stacks, soldats inutiles abandonnés en mer, témoignent du recul inexorable de la ligne de front.
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Arche de Gaada Stack, Foula island, Shetland
Un lieu magique et rarement photographié du fait des difficultés d’accès. Foula est l’île habitée la plus isolée de Grande-Bretagne, à 40 km à l’ouest des côtes des Shetland. Le climat peut y être merveilleux ou féroce comme nulle part ailleurs, éprouvant durement ou éjouissant tour à tour la vingtaine d’habitants qui s’accroche à ce bout de terre… Cette île est un concentré de vertigineuse beauté. On y trouve les plus impressionnantes falaises verticales de Grande-Bretagne (376 m) et cette merveilleuse double arche naturelle, Gaada Stack, monument aussi haut - et tellement plus beau- que l’Arc de Triomphe !
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Eclaircie sur la mer, Shetland:
Cette image très simple saisit un des aspects essentiels de l'Ecosse, sa variabilité. Un même paysage peut être visité vingt fois, avec toujours une lumière différente.
Mais le photographe doit être prêt à réagir très vite: les instants privilégiés durent peu, en raison de la vitesse de déplacement des nuages. Il est aussi impératif de poser juste d'emblée sur des des scènes très contrastées, lorsqu'on travaille en moyen ou grand format. En effet, le nombre de vues est limité par le temps disponible, le coût, et les changements de film consommateurs de précieuses secondes.
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Old Man of Storr, Isle of Skye
Etonnant paysage que celui du Vieil Homme de Storr, croc basaltique planté au pied de l’escarpement calcaire qui court tout le long de la côte est de Trotternish, sur Skye. La légende raconte que ce vieil homme fut pétrifié par les géants qui régnaient autrefois dans ces montagnes, pour s’être attardé trop longtemps sur ces terres à la nuit tombée. Il avait anciennement pour compagne d'infortune sa femme, pétrifiée en même temps que lui. Mais le second rocher s’est depuis écroulé.
Ce que nous pensons éternel n’est qu’un instant dans les temps géologiques.
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The Quiraing, Isle of Skye
Non loin du Vieil Homme de Storr, l'ensemble du Quiraing sur Trotternish offre des paysages uniques et de même origine. La structure géologique explique une fois encore l'agencement des formes étonnantes visibles en surface (escarpements, effondrements, murailles de basaltes, structures tabulaires basculées aux noms évocateurs, la Prison, la Table...)
Au tertiaire, des couches de basaltes issues d'une intense activité éruptive ont recouvert des roches sédimentaires intercalées bien plus fragiles. Minées par des infiltrations, ces roches se sont ensuite dérobées sous le poids du basalte, produisant des glissements de terrain spectaculaires et un grand nombre de formes reliques dues à la grande résistance du basalte à l'érosion.
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Les Black Cuillins depuis Sleat, Isle of Skye
La chaine des Black Cuillins sur Skye révèle sa beauté inaccessible depuis un point de vue distant. Cette chaîne dentelée, directement dressée dans la mer, doit sa formidable apparence à la roche dont elle est composée. Il s’agit de gabbro, une roche ignée, finement granuleuse, d’une incroyable résistance, qui offre de merveilleuses prises aux alpinistes qui en tentent l’ascension.
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Loch Ainort, Isle of Skye
Un de ces lochs marins qui s’infiltrent très loin, emplissent les fjords creusés par d’anciennes vallées glaciaires et baignent merveilleusement les pieds des monts d’Ecosse, en l’occurrence ici les dômes arrondis des Red Cuillins sur Skye.
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Village d’Elgol et Gars Bheinn, Isle of Skye
Je voulais d’abord m’en tenir à des paysages naturels pour cette exposition mais je n’ai pu résister à l’appel de cette photo, parfait exemple d’équilibre maintenu entre architecture traditionnelle et décor naturel. Une grande partie du charme de l’Ecosse vient en effet de l’intégration encore harmonieuse des constructions traditionnelles dans les paysages. Le cas de l’Irlande de l’Ouest, assez proche par ailleurs de l’Ecosse, est un exemple frappant et profondément attristant de la vitesse des changements économiques incontrôlés et des destructions dans ce domaine.
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Loch Etive, Glen Etive, Highlands
Un arbre, un seul, dans un décor qui l’appelle et le rejette à la fois… Les paysages dénudés des Highlands n’ont pas toujours été tels que nous les voyons aujourd’hui. Leur « naturalité » n’est en fait que le résultat de l’action de l’homme, qui, plus présent autrefois en ces lieux qu’il ne l’est aujourd’hui, a déboisé la forêt originelle de bouleaux et de saules pour y faire paître ses bêtes, et abattu les forêts de pins d’Ecosse pour le charbon et la construction navale. Des efforts de reboisement en pins d’Ecosse, bien différents des plantations monospécifiques qui existent hélas aussi, sont entrepris ici et là, pour le plus grand bénéfice de la faune locale (martre, écureuil, tétras...)
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Luskentyre, Harris, Hébrides extérieures
Plages exotiques en Ecosse, avec touristes et cocotiers en moins, le vent en plus, et cette solitude inestimable. Ces paysages de rêve, qu’Harris dispense sans compter, sont aussi des refuges pour une flore et une faune spécifiques et globalement menacée. L’agriculture traditionnelle maintient les paysages de machair (voir Loch Druidibeg), rares et importants. Il reste à souhaiter que d’éventuels développements touristiques (pour le surf surtout), presque absents pour l’instant, soient dans l’avenir étroitement contrôlés.
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Harris Forest et nuages, Harris, Hébrides extérieures
Harris Forest… charmante antiphrase pour ces terres dénudées, domaine pourtant des cerfs rouges, que trois nuages complices viennent coiffer d’un chapeau de nuées.
Ces nuages sont des nuages de type lenticulaire, qui se forment dans certaines conditions au-dessus des reliefs et restent rigoureusement immobiles dans le vent. En fait, ils se défont et se recomposent (condensation, décondensation) continuellement, mais à une endroit précis, et produisent ainsi une immobilité qui n'est qu'apparente.
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Détroit de Taransay, Harris, Hébrides extérieures
La photographie permet parfois d'inverser la réalité visible, grâce à des poses longues. Les roches sombres dessinent comme des vagues minérales figées, tandis que les vagues elles-mêmes, trop mobiles, disparaissent dans un magma indifférencié.
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Loch Druidibeg, South Uist
Le soleil est déjà presque couché, ne touchant plus que les sommets lointains de l’Hecla, du Ben Corrodale et du Beinn Mhor, l’épine dorsale des basses terres de Uist. Le loch Druidibeg est un vaste lac oligotrophe (assez pauvre du point de vue biologique, comme le révèle le décor essentiellement minéral), mais qui est important pour l’avifaune, en tant que rare site de reproduction des oies cendrées (Anser anser) dans les îles britanniques. Ce site est un site Ramsar et une Réserve de la Biosphère, qui comprend aussi les zones voisines de machair (écosystème dunaire/agricole propre à l’Ecosse), très fleuri au printemps et zone de nidification essentielle pour les râles des genets, bécasseaux variables, grands gravelots entre autres…
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Faune d'Ecosse I
de gauche à droite et de haut en bas:
Loutre d'Europe, Lagopède d'Ecosse, Macareux moine, Sterne arctique, Labbe oarasite, Cerf élaphe, Phoque veau-marin.
Magnifiques rencontres que ces rencontres avec la faune d'Ecosse et particulièrement des Shetland. Mes premières visites y ont été entièrement consacrées. Les Shetland accueillent près d'un million d'oiseaux (marins surtout, mais aussi oiseaux des landes et des prairies, comme les deux espèces de courlis, ou le splendide pluvier doré).
La photo de loutre sauvage en action de pêche qui ouvre la série est une photo dont j'ai rêvé à chaque voyage, avant qu'elle ne se concrétise enfin dans un moment de bonheur total.
Cette photo a été prise à l'approche, avec de l'eau jusqu'à mi-corps et un 300mm/f2.8 seulement (+ converter), en suivant une méthode assez originale.
Pour qui connaît la méfiance naturelle dse loutres à l'égard de l'homme et leur vue perçante, cette photo est une réussite assez exceptionnelle, que je dois pour partie à l'observation assidue des loutres, et pour partie aussi à la chance.
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Faune d'Ecosse II
de gauche à droite et de haut en bas:
Grand Labbe, Hibou des marais, Fulmars, Huîtrier pie, Troglodyte des Shetland, Pétrel tempête, Courlis cendré, Chevalier sylvain, Mouette tridactyle, Pluvier doré, Fulmar glacial.
D'après plusieurs études scientifiques et mes observations propres, j'ai acquis une idée assez juste de la durée moyenne des plongées de pêche des loutres des Shetland. La méthode consiste alors à mettre à profit cette durée, montre en main, pour progresser dans l'eau, assez rapidement et sans précaution particulière, sauf celle de ne pas noyer le matériel. Il faut ensuite s'immobiliser totalement et se dissimuler si possible derrière un rocher à temps. Le moindre défaut de timing se paie comptant...
Ici la chance a voulu qu'à la fin de la phase d'approche réussie (j'étais à 20 m du rivage à ce moment et je ne pouvais guère aller plus loin, sans combinaison dans l'eau froide) elle se dirigeât vers moi avec un poisson dans la gueule (butterfish). Elle m'a localisé juste après le cliché mais sans m'identifier et s'est même approchée encore, en deçà de la distance de mise au point (moins de 3 m !), puis a repris sa pêche tranquillement plus loin, me permettant d'autres clichés intéressants ! Ce fut un moment d'une intensité absolument inoubliable.
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