Présentation du Kiboko

Ce sac à dos revendique la palme de la légèreté (1,8 kg à vide sans compartiments) dans sa catégorie , celle des sacs à dos photo de grande capacité (30 L et plus). Une catégorie légitimement en vogue auprès des photographes qui voyagent beaucoup et veulent emmener plusieurs boitiers et optiques avec eux, depuis les grands angles jusqu’au 500 mm (monté) ou 600 mm (non monté).

Kiboko sac a dos photo

Le Kiboko bien entouré, D700 et 70-200 VR à g, 500 mm VR à dr.

Il est conçu par un photographe pro américain (et donc utilisateur averti), Andy Biggs, très souvent en voyage à l’étranger et en Afrique. Ce sac se conforme aux règlementations aériennes actuelles pour les dimensions généralement acceptées en cabine (55 x 35 x 25 cm) Si l’on prend soin de ne pas augmenter ses dimensions extérieures (en remplissant à fond les poches externes par ex.) il n’attire pas l’attention lors de l’embarquement. Ce qui vaut mieux car une fois rempli le sac dépasse allègrement les poids autorisés…
Lors de mon dernier (et premier) voyage avec le Kiboko je dépassais les 15 kg.. (pour 10 kg autorisés). Il reste également très discret avec un logo peu voyant et ne se signale pas particulièrement aux regards trop intéressés par un sac photo, ce qui est appréciable. Quelle que soit la conformité du sac photo, il reste conseillé, lorsque vous voyagez en  avion, de porter une veste photo avec de larges poches, afin de prendre plusieurs boitiers sur vous en cas de problème de poids…

Poids plume

Le poids est évidemment le principal argument du Kiboko, et la différence avec ses concurrents directs (Lowepro Photo Trekker et Pro Trekker (400 AW – 3,3 kg – et 600 AW – 3,8 kg), et Tamrac Expédition 7x (2,9 kg) par exemple est impressionnante. ((je possède et utilise des Lowepro Super et Photo Trekker, des Tamrac Expe 5 et 7)  En gros, le Kiboko pèse 2 fois moins à capacité égale…libre à vous ensuite de choisir d’emporter plus de matériel (un boitier et une optique supplémentaires, par ex. ) pour un poids égal ou de préférer randonner et voyager plus léger !

sacs  a dos Kiboko

Le Kiboko encore une fois bien entouré, mais cette fois par la concurrence: Lowepro Pro Trekker (ancien modèle) à g. et Tamrac Expedition 7 x (actuel) à dr.

La réduction drastique de poids est due aux matériaux utilisés; le sac est construit en toile de parachute, qui combine résistance au déchirement et poids très réduit.

Résistance

L’éventuelle fragilité à l’usage (usure et frottement) d’un tel matériau high tech, comparativement aux toiles utilisées par les concurents , me préoccupait un peu. Après 12-13 jours d’utilisation dans des conditions difficiles (voyage hivernal en Bulgarie avec des températures jusqu’à -20°C, sac posé dans la neige, transporté dans la benne arrière d’un pickup) je n’ai remarqué aucun problème particulier. Mais il conviendra évidemment d’attendre quelques mois supplémentaires avant d’émettre un avis définitif.
Un point qui me semble pouvoir être amélioré sur le Kiboko en termes de résistance, et sur lequel des problèmes me semblent possibles voire probables pour les moins soigneux à moyen terme, est la forte exposition de la fermeture zip dans la partie basse du sac. La fermeture n’est pas protégée par un rabat de tissu ou de plastique comme sur la concurrence et lorsque le sac est en position verticale, partie basse en contact avec le sol (le sac tient très bien debout), elle me semble potentiellement très exposée à l’usure par frottement ou souillures diverses.

sac Kiboko, base

La base du sac est exposée aux souillures diverses sur le terrain, ce qui est normal, mais la fermeture zip semble peu protégée, prudence de rigueur !

La couleur noire du sac se révèle évidemment plus salissante sur le terrain que les finitions grises ou vertes des sacs concurrents, mais le matériau ne « boit » pas et se nettoie bien à l’eau. Le sac est livré avec sa housse de protection anti pluie, un procédé classique et efficace, et la housse se détache pour pouvoir être séchée à part.. . Sans protection, le sac offre une résistance appréciable sous une bruine ou pluie légère, étant donné la déperlance naturelle du matériau. Le point faible dans ces conditions est sans doute là encore l’absence de rabat sur les fermetures. Je n’ai pour l’instant pas pu tester le sac en condition humides persistantes, ce qui ne saurait tarder en Ecosse.

Kiboko anti-pluie

La protection anti-pluie du Kiboko. Classique et détachable, un atout pour le séchage, elle couvre bien et se range dans une poche latérale

Portage

Les bretelles et la ceinture de portage sont bien concues, ergonomiques, une réalisation de qualité incontestablement.  Elles sont cependant un peu moins  épaisses que celles des sacs équivalents plus lourds (pour des raisons de poids et d’encombrement), ce qui peut poser en théorie des problèmes de confort avec des charges lourdes. J’ai lu quelques commentaires assez défavorables ici et là sur la qualité de portage de ce sac, mais ces commentaires me paraissent un peu exagérés.

Portage Kiboko 30 L

Le système de portage du Kiboko 30 L. Le souci de poids interdit des sangles très épaisses, mais la réalisation est sérieuse et ergonomique, et le confort est tout à fait correct avec des charges moyennes.

Chargé entre 10 et 15 kg, le sac m’a paru plutôt confortable lors de mes trajets de voyage et de quelques parcours sur le terrain de plusieurs km. J’attends évidemment de pouvoir le tester sur des parcours de plus longue distance avant d’émettre un jugement définitif sur son confort. Comparé aux autres sacs, celui-ci ne dispose pas d’un réglage de longueur de torse, ce qui peut être un désavantage pour des personnes grandes ou petites, mais ne m’a pas posé de problème (je mesure 1 m 78). Cette simplification permet de gagner encore quelques dizaines de grammes. Bretelles et ceintures se rangent facilement pour le transport à la main  et rendent le sac moins volumineux lors de l’embarquement en avion et en soute. Une poignée latérale de portage rend le transport aussi aisé que celui d’une petite valise, un bon point. En résumé, le Kiboko n’offre sans doute pas la meilleure qualité de portage sur le marché (les Lowepro me semblent supérieurs pour des charges lourdes) mais il représente néanmoins un excellent compromis: les 2 kg économisés par rapport aux Lowepro restent toujours appréciés,  spécialement en terrain pentu, et le portage est loin d’être sacrifié.

Kiboko, systeme portage, rangement

Les bretelles et la ceinture de portage se rangent facilement grâce à leur faible volume et sont bien protégés lors du transport en bagage à main (ici seule la partie de gauche est rangée) .

Trépied

Pour le portage d’un trépied il faudra veiller à bien répartir les charges (téléobjectif lourd de l’autre côté du trépied par exemple), car le portage se fait latéralement, contrairement aux solutions retenues par les autres constructeurs le plus souvent (positionnement central du pied). Il y a des avantages et des inconvénients dans cette solution. Au registre des avantages, le pied « tire » moins vers l’arrière, car il est placé plus près du corps, et généralement cela « ballotte » moins, mais l’inconvénient est un déséquilibre latéral fatigant à la longue, si les charges ne sont pas équilibrées (charger plus le compartiment vertical opposé). Il est assez facile d’équilibrer un pied léger de randonnée (Gitzo 1 ou 2 par ex.), mais c’est quasi impossible avec un pied plus lourd, de type Gitzo série 3 ou supérieur. De plus la poche extensible qui reçoit le bas du pied me semble un peu fragile. J’aurais préféré une accroche centrale pour le pied, cela me semble un point à amélorer sur le Kiboko, mais on peut faire avec, avec des pieds légers.

Kiboko + pied Gitzo GT 3540 LS et rotule Really Right Stuff BH-55

Le Kiboko avec un pied Gitzo GT 3540 LS équipé d’une rotule Really Right Stuff BH-55. Cet ensemble assez lourd est difficile à équilibrer. Les choses s’améliorent avec un pied de série 1 ou 2 et une rotule plus petite.

Rangement et capacité

Le Kiboko est conçu différemment des autres sacs photo. Il propose deux compartiments de taille égale, de part et d’autre d’une division centrale rigide (ouverture « en papillon »). A l’usage on se rend compte que cette division facilite le rangement et le maintien du matériel, surtout du matériel lourd. Les divisions internes, elles aussi légères, accrochent très bien aux parois et la profondeur du sac est plus que suffisante pour des boitiers professionnels de grandes dimensions. Lors de mon dernier voyage le Kiboko contenait sans problèmes les éléments suivants: 2 boîtiers D3 et D700, un zoom 24-70 /2.8, un zoom 70/200/2.8, un 500 mm f4, deux chargeurs et 4 batteries, différents filtres et montures Lee filters, une rotule Really Right Stuff  BH55 et autres petits accessoires. P  Le 500 mm peut se loger monté sur un boitier, pare-soleil replié. Pour un 600 mm, il se loge seul dans l’un des deux compartiments.

Le Kiboko 30 L chargé

Le Kiboko 30 L chargé à fond: à g. un 500 mm et boitier pro monté, à dr. en haut un Nikon D3 + 24-70/2.8, à dr. en bas : un 70-200/2.8 VR, un 16-35/4 VR, un 105 macro, un 24mm à décentrement.

L’accès aux deux compartiments est séparé, l’ouverture se fait par zip. Il faut penser à controler avant portage que le sac est bien fermé des deux cotés. Les tirettes zip sont repérées par des petits cercles en plastique qui facilitent la manipulation et le contrôle de la fermeture.  Ces deux compartiments de rangement sont complétés par deux compartiments externes (poches externes) qui offrent un assez bon volume supplémentaire, pour des accessoires tels que filtres, vêtement supplémentaire, boisson, etc.

Kiboko, poches externes et zip

Kiboko, poches externes et tirettes zip, faciles à repérer et pratiques.

Au final j’ai l’impression de ranger bien plus de choses dans le Kiboko que dans les sacs concurrents car l’archictecture centrale simplifie et optimise les divisions internes. Attention cependant: avec certains matériels spécifiques (comme par exemple un boitier panoramique 6×17 cm de grandes dimensions) cette division centrale peut s’avérer un désavantage. Si vous transportez une optique lourde, attention aussi à bien équilibrer les charges entre les parties droite et gauche du sac (c’est un problème si vous ne transportez qu’un gros téléobjectif et très peu d’autre matériel – privilégiez alors un sac de portage mono-objectif  – Lowepro par ex.).

Vous pouvez aussi loger – contrairement à ce que j’avais cru au début, car les deux compartiments verticaux sont séparés par un velcro central qui est très résistant à l’ouverture, et qu’il faut ouvrir – un ordinateur portable qui prend la largeur totale du sac, entre le matériel et les poches dorsales (il est conseillé de mettre l’ordinateur dans un étui protecteur pour éviter les frottements avec le matériel)

Kiboko L30 et ordinateur portable 13 pouces

Kiboko L30 et ordinateur portable 13 pouces, que j’ai remplacé depuis par un 15 pouces MacBook Pro, et qui rentre aussi.

Impression générale

Le Kiboko est incontestablement un produit bien pensé et bien réalisé, issu du monde professionnel. Il met un terme bienvenu à la course aux accessoires et autres gadgets qui a rendu les sacs concurrents de plus en plus lourds à porter au fil des ans (on pourrait faire un parallèle avec les voitures, rendues de plus en plus lourdes par divers équipements plus ou moins utiles). Si j’apprécie la qualité de construction et de portage, et la robustesse  des sacs Lowepro, leur poids à vide est parfois décourageant, lorsque l’on est appelé à « crapahuter » en terrain incliné avec plusieurs optiques et boitiers, que ce soit en photo de nature ou de paysage. Près de 4 kg à vide limitent vite les ardeurs, surtout en montagne, et me semblent excessifs.
Le Kiboko limite l’accessoirisation et s’en tient à l’essentiel, le rangement, avec des matériaux de qualité, c’est à mon avis la recette de son succès. Le poids des sacs concurrents se rapproche en effet du poids des sacs à dos de grande randonnée de plus de 100 L, alors que ces sacs photo sont de contenance bien moindre…

En résumé, ce sac à dos donne envie de voyager: discret dans les aéroports, efficace et de grand volume tout en passant en cabine d’avion,  il me semble aussi un fidèle compagnon de terrain, qui vous permettra d’accroître votre champ d’exploration photographique en raison de son faible poids initial.
Reste le problème du prix; le Kiboko, comme souvent, fait payer cher sa conception et ses matériaux innovants: vendu à près de 450 euros TTC en France (importateur: Jama), ce sac coûte presque le double de la concurrence, c’est hélas rédhibitoire pour la majorité des utilisateurs. . .

Malgré tout, lassé des sacs trop lourds, j’ai fait le pari d’investir dans ce produit nouveau, avec quelques doutes initiaux sur la qualité de portage, et la robustesse d’un produit aussi léger. Pour l’essentiel ces craintes me paraissent désormais sans fondement, même si ce sac doit maintenant passer – avec succès je l’espère – l’épreuve du temps, du terrain et des inévitables mauvais traitements d’un usage professionnel régulier.


Ce test, comme tous les autres tests précédents ou à suivre, ne reflète que mon opinion d’utilisateur et est libre de tout lien commercial avec les constructeurs ou importateurs du matériel testé. © Patrick Dieudonné 2012 pour textes et photos sauf citations expresses.

5 réponses à Test: sac photo, le Kiboko 30 L, champion poids plume.

  • Boris dit :

    Super test, très informatif.
    C’est très intéressant d’avoir de vrais retours d’utilisation.

    A signaler aussi le sac photo Tragopan qui permet lui aussi de transporter de grands objectifs et de prendre l’avion.
    Il y a un test d’utilisateur ici : http://www.beneluxnaturephoto.net/forumf/index.php/topic,130388.0.html
    (avec quelques intervention du concepteur du sac, lui aussi photographe)
    Il semble de qualité un peu moindre que le Kiboko, plus lourd (2.9kg contre 1.8kg), mais bien moins cher (150E contre 450E).
    Ce sac est aussi distribué en France par Jama.

    Je n’ai pas d’actions chez Tragopan ou Jama, ni de 500mm d’ailleurs 🙁

  • Boris dit :

    … et le Tragopan permet d’y mettre un ordinateur portable apparemment.

    • Merci pour le retour et le lien vers le sac Tragopan. Un ami vient justement de l’acheter. Qui sait, un petit test comparatif en vue bientôt ? Le rapport qualité prix semble très bon, le produit très bien conçu, par des photographes de terrain, ce qui est un bon point.
      Mais il ne faut pas oublier que le Tragopan est somme toute un sac en matériau traditionnel, qui pèse 1.1 kg de plus. Cependant c’est moins lourd que les sacs équivalents chez Lowepro, et le prix est lui aussi bien plus bas. Donc à suivre…

  • Après plusieurs voyages avec ce sac mon opinion positive se confirme. Il m’arrive pour des portages lourds (500 mm + 300 mm 2.8 et boitiers dans le même sac, etc – + de 12/15 kg) d’alterner entre ce sac et le Lowepro Pro Trekker. Les bretelles et la ceinture plus larges du Pro Trekker me reposent un peu lorsque le portage dépasse les 15 kg, mais le total prend encore 2 kg, et le Lowepro contient moins de matériel, c’est un fait.
    Pour des conditions plus normales, le Kiboko est clairement gagnant, la grande place disponible permet de ranger plus vite le matériel, avec pare-soleil monté par ex, sans se soucier de devoir ajuster tout au mm comme dans des sacs plus petits, et les 2 kg gagnés sont vraiment très appréciables. Le sac est très résistant et pas trop salissant malgré sa couleur, sauf évidemment cette fermeture zip assez exposée en bas, il faut faire attention à ce point.
    Patrick

  • Patrick Dieudonné dit :

    Deux ans après cet article et plus d’une une quinzaine de voyages plus tard, je confirme que ce sac vaut la peine, pas de problèmes avec et une usure très modérée en faisant un peu attention. J’apprécie le gain de poids tous les jours sur le terrain. De nouveaux modèles sont apparus chez le constructeur, le prix ne baisse pas pour autant mais la qualité est au RDV !!

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